Manifeste

Lire avant d'aider

Un regard, et un corpus. Une cinquantaine d'études de faisabilité et quelque soixante-dix missions en Asie du Sud-Est, relues pour ce qu'elles étaient : des études de faisabilité conduites là où elles manquent le plus.

La connaissance est l'un des leviers les plus déterminants de l'autonomie des populations.

ONG et association : une distinction à tenir

Une ONG internationale repose sur deux conditions : une direction dotée de réseaux, capables de mobiliser dans la nuit d'une catastrophe, et des fonds considérables, gérés et comptabilisés. Une association loi de 1901 est faite de particuliers réunis. Elle a un rôle réel dès lors qu'elle le nomme avec lucidité et sérieux devant ses membres, ses partenaires et ses financeurs. Le premier service que ED rend est cette clarté.

L'aide, c'est l'expertise

Deux décennies de terrain conduisent à une conviction : l'aide vient d'abord des populations elles-mêmes, et ce qu'un accompagnement apporte de plus juste, c'est de l'expertise et de la transmission. De là, une répartition claire des rôles : le partenaire local est souverain et porte le projet ; l'expertise accompagne ; l'association transmet.

Lire le contexte

L'action humanitaire s'inscrit toujours dans un contexte — social, politique, géopolitique. La lire d'abord, c'est agir en connaissance de cause : comprendre à qui profite un geste, ce qu'une présence engage, ce qu'un savoir déplace. ED défend cette lecture préalable comme condition d'une aide juste.

L'existant comme ressource

Construire neuf est un réflexe ; transformer est souvent plus juste. Un bâtiment existant, c'est une implantation déjà acceptée, des fondations déjà payées, une mémoire, une empreinte carbone amortie. Lire l'intention première qui a permis au lieu d'exister, lire ce qu'il est devenu, lire ses possibles — puis composer avec l'intelligence du lieu. Transformer est intrinsèquement sobre : c'est aussi ce qui rend cette voie éligible aux instruments climatiques.

Repenser le quartier

Un équipement social se crée et se dirige localement. Il gagne à devenir un morceau de ville plutôt qu'une institution close. Trois idées-forces, issues de la pratique, forment un même programme : la réversibilité programmée — concevoir les grands équipements pour qu'ils deviennent un jour des quartiers habités ; l'institution distribuée — un réseau de lieux dans la ville, le parcours de vie entier inséré dans le programme ; le quartier-refuge — des ensembles prémunis contre l'ensemble des risques climatiques, capables d'accueillir les migrations. Ces quartiers portent des enjeux qui rejoignent, au fond, ceux de l'humanitaire.

La mémoire

Un gisement à trois étages. La mémoire des lieux — un fonds photographique documentant des habitats et des patrimoines dont certains ont déjà disparu. La mémoire des projets — les études menées et leurs enseignements, qui valent souvent davantage que les seuls récits de réussite. La mémoire de la pratique — quinze ans d'itinérance comme matériau d'anthropologie de la profession. La photographie en est la méthode de recherche.

Ce que l'on peut demander à ED : une parole d'expert.Expertise & interventions